12/06 Atelier de juin 2012

Publié le par Olivier de Vaux

Commençons par tirer quelques enseignements de l'incontestable succès rencontré par notre spectacle "Vés la Félicie". Non seulement la pièce proprement dite a fait beaucoup rire, mais elle a également beaucoup fait parler d'elle dans les environs de Sivignon. Le patois devient rare, les occasions de l'entendre et de le parler, exceptionnelles. Alors avec notre atelier, nos petites lectures de textes patoisés, notre chanson en patois et notre comédie, nous avons tout simplement répondu à un besoin. Le public était là, tous les acteurs se sont montrés à la hauteur et tout s'est bien passé ; il faudra sans doute envisager de jouer à nouveau cet automne.Felicie 1686

 

Parmi les  expressions, j'en ai relevé deux ou trois, que voici :

 

Si les piârres pourrissint, y frot un bon fmî ! Si les pierres pourrissaient, ça ferait un bon fumier.

C'est l'équivalent rural de "Avec des si on pourrait mettre Paris en bouteille".

Alle a fété Pâques dvant les Ramiaux ! Elle n'a pas attendu le mariage pour le consommer.

Ôl 'tot trempe cment eune sope ! Il était mouillé jusqu'aux os !

Ôl a rencontré un beuchon ! Il a été arrêté en chemin par une personne très bavarde.

Nos étins bié apyiés. Nous étions suffisamment nombreux pour accomplir la besogne (l'apyiéllie).

Nos ans fait eune bonne apyiéllie. Nous avons fait une bonne journée de travail.

P'faire vos besoins, dans l'ékeurie d'vatses, allez don derri la dzaune, y'a renque chti qu'tape pas. Pour faire vos besoins, dans l'étable, allez donc derrière la jaune, il n'y a que celle-ci qui ne donne pas de coups de pied.

La feuille au Mathurin, alle a dmandé l'mâle de bonne heûre ! La fille de Mathurin a eu une vie amoureuse précoce.

 

Quelques mots à ajouter au lexique :

 

 

aboutson Ajouter : Ôl avot tant som qu'ôl a tseu aboutson dans son' assiéte de sope.

acardzi n.m. Préciser : ce mot semble avoir la même origine que le carruge, nom de lieu-dit fréquent : le latin populaire quadri-ruga, quatre routes.

aprés prép. 1. Sur le dos de quelqu'un. La mère, alle est toudze aprés lu, ô va fini p'se r'varper. La mère, elle est toujours sur son dos, il va finir par se rebiffer. 2. Contre. Qui qu't'as aprés ma ? Qu'as-tu contre moi ? Dz'poux pas l'aponde, ôl 't accrotsi aprés la croisée du gueurni. Je ne peux pas l'attraper, il est accroché contre la fenêtre du grenier.

attrouper (s') Se réunir, se regrouper. Les ptiets s'étint attroupés autour' du violoneux.

batardiaun.m. Barrage provisoire, digue artificielle.

beûdzon n.m. Barreau de chaise, de cage, d'échelle.

beuznot ajouter (du vieux verbe à l'or. inc. busier, penser, rêver). L'pourre gârs, ôl a été enforné après l'tarto*llon, ôl est resté derri la pôrte l'dzo d'la distribuchon.

boudzon adj. Turbulent.

bout n.m. Morceau. Un bout d'bôs a toudze au moins deux bouts.Un morceau de bois a toujours au minimum deux extrémités.

byettes n.f.pl. Blettes, cardes, poirée.

bzin, bzine adj. Lent, lente.

cabinette n.f. Petite alcôve.

carmantrant n.m. (de Carême entrant) Mannequin de paille trimballé pour Carnaval et brûlé ensuite.

cassroûlade n.f. Action consistant à casser les pieds à son interlocuteur. Te t'attendos à eune bonne partie d'rigolade apeu te vlà rfeurdi p'eune cassroûlade carabinée.

conaîlle ajouter étymologie (du lat. canna, tuyau, roseau, trachée artère).

côtes de byettes n.f.pl. Blettes, cardes, poirée, surtout lorsqu'elles sont cuisinées.

dzoûli n.m. Perchoir.

ébeurner v. Emietter, briser.

ébeurtsi v. Ebrècher.

égolayi v. Etrangler. La pourre feunne s'est égolayi dave eune aréte de pchon, alle a peutfeuné en ren d'temps. La pauvre femme s'est étranglée avec une arête de poisson, elle est morte en quelques instants.

embeurdailli ou embeudrailli v. Souiller, salir, barbouiller, et, au sens figuré, embarrasser.

étot (de l'a.fr. atout, avec l'ensemble, qui a donné item, itou) adv. Pareillement, également, de même. Ah ba, ma étot ! Eh bien, moi aussi !

keûre v. Cuire.Les-haricots qu'keuillant, y'est p'chtu sa ? Les haricots qui cuisent, c'est pour ce soir ?

ronde n.f. Enclos des porcs communiquant avec leur écurie, couvert ou non, précédant le sainier.

trion, treuion n.m. (Ce mot pourrait avoir été construit à partir de treue, truie) Partie de la porcherie réservée à la truie et ses petits.

tsape n.f. Hangar de fortune, fait de troncs et de branches et recouvert de genêts.

tsapoteux adj. Bricoleur, avec une connotation péjorative.

tseufer v. Ajouter : ce verbe pourrait venir du vieux français huper ou houper : pousser un cri aussi long que le souffle le permet. En Bresse le cheupron c'est le chat-huant et ch'per a la sens de crier, d' appeler.

 

La prochaine réunion de l'Atelier de Patois se tiendra dans la salle du conseil le jeudi 12 juillet, de 14h à 17h, qu'on se le dise !

Publicité

Publié dans ATELIERS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Excellente cuvée, encore une fois !<br /> <br /> Ebeurner, ça ne pourrait pas dire "briser, émietter, casser les couilles", vu la sonorité du mot ? :~)
Répondre
O
<br /> <br /> Ah, les faux amis du patois ! Ici tu peux te réveiller avec une bite au coin de l'oeil sans offusquer qui que ce soit ! <br /> <br /> <br /> <br />
A
Faire ses besoins derrière la jaune... On reste dans le ton ];-D
Répondre
O
<br /> <br /> Conclusion, si tu t'es gavé d'épinards il faut aller dans le box de la jument verte ! <br /> <br /> <br /> <br />
J
Bonjour sieur Olivier ! Jouer à nouveau cet automne c'est que ma foi le succès était bien là... Le votre des patois n'est pas le mien, mais je découvre avec vos traductions en français... merci,<br /> bonne semaine, jill amicalement ! Bises
Répondre
O
<br /> <br /> En grattant un peu, pour retrouver l'étymologie on s'aperçoit que bien des mots "patois" de différentes régions ont une origine commune ; ils ont évolué différemment, comme il en va de tout le<br /> monde vivant.<br /> <br /> <br /> <br />